Terres de Légendes

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 Oktoberfest!

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Jaïron



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MessageSujet: Oktoberfest!   Sam 13 Oct - 2:01

Ma foi, j'en profite pour créer un sujet sur cette fête mythique que les Münichois ont mis de l'avant. De un, parce que c'est Octobre, l'Oktoberfest et que dans deux jours, ça tombe être ma fête. Comme de raison, mon bar préféré a décidé d'organiser un Oktoberfest local, le 13 octobre soit demain.

Comme on le dit souvent le 17 mars de chaque année à ceux qui célèbrent avec nous la Saint-Patrick - et ils sont fort nombreux! -: "lors de la Sainte-Patrick, tout le monde est un peu irlandais!".

Et c'est vrai aussi pour tout amateur de bière ou de fête lors de l'Oktoberfest: qui ne se sent pas un peu münichois? 'Fin bref, ce sujet n'a pas réellement de but sinon vous transmettre un peu ma passion de la fête, de la bière et du "vivre avec excès" (encore que, selon moi, il ne s'agit que de BIEN vivre).

Et cet article, sur lequel je suis tombé par un pur hasard:
Citation :
A Munich, la plus italienne des villes allemandes, tout est théâtre, ne serait-ce que par l’éclairage. Les fleurs dans les jardins, les palais, les églises, les terrasses de café, les joueurs d’orgue de Barbarie, les jolies femmes, tout nous appartient. On est comme grisé par le fœhn quand on traverse le Jardin anglais. Aucune autre ville allemande n’a ce vent sec et chaud sous lequel l’air transparent frémit et tinte comme du verre. Le ciel est très haut, les montagnes se découpent crûment sur ce bleu clair, les rues s’éclairent, l’eau de l’Isar scintille, les clochers de l’église Notre-Dame oscillent et l’eau des fontaines sur le Stachus éclabousse les passants. Ce vent venu d’Italie, échappé des forteresses alpines, est un ivrogne qui passe sous les jupes des femmes et fait le fou.

La fête de la bière un jour de fœhn. On pénètre sur les pelouses, les «Wiesn», (c’est ainsi que les Munichois appellent leur fête préférée) comme dans du beurre fondu qui aurait refroidi et serait un peu collant. On a immédiatement l’impression de s’enfoncer, comme si on traînait un poids, comme si quelque chose nous retenait dans ses filets. Une fois entré à la fête de la bière, on n’en ressort pas facilement.

Pour se préparer à la plus grande fête populaire au monde, même les citadins les plus endurcis font l’inventaire de leur armoire pour trouver un costume sans lequel la fête de la bière ne serait qu’une esquisse. Car on y va déguisé. On s’entête à mettre un costume bavarois: culotte de peau ou knickerbockers, vareuse traditionnelle, chemise en lin, cravate en soie rose. Les femmes portent le «dirndl» traditionnel, se tressent les cheveux, se font des taches de rousseur sur les joues, s’habillent de manière aguichante; les hommes portent des bonnets aux formes hardies et la barbe qu’ils se sont fait pousser pour l’occasion. On ne va pas seulement aux «Wiesn», on y entre en scène.

La fête de la bière est une occasion pour les Bavarois de démontrer une fois par an qu’ils sont bien décidés à garder leurs traditions: leurs culottes de peau, leurs fanfares, leur dialecte, leur patriotisme local et leurs plats traditionnels, bref, leur culture spécifique. C’est un mélange d’entêtement paysan et de festivités.

Il n’y aurait pas de fête de la bière sans le prince Louis Ier de Bavière. Son mariage avec la princesse Thérèse de Sachsen-Hildburghausen en 1810 est à l’origine de la première fête qui se déroula avec une grande course hippique sur la Theresienwiese. L’affluence qu’elle provoqua incita à organiser des fêtes agricoles non seulement à Munich mais dans toute la Bavière, avec concours d’animaux, exposition des nouveaux outils agricoles et courses de chevaux. A cela vinrent s’ajouter des stands de tir, l’élection du meilleur tireur, des feux d’artifice et la femme tronc. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, le peuple avait aussi l’occasion d’y voir le roi de Bavière (remplacé aujourd’hui par les people). Et depuis 1850, la Bavaria, une immense statue noirâtre dans laquelle on peut pénétrer, flanquée d’escaliers suspendus, un lion à ses pieds, avec dans le dos le «hall d’honneur» de Leo von Klenze orné des bustes de Bavarois célèbres, domine cette agitation du regard et brandit une couronne de lauriers au-dessus de la plus grande fête populaire allemande: quatorze chapiteaux, pouvant accueillir 7000 personnes chacun et seize tentes de petite ou de moyenne taille d’une capacité de 500 places chacune; 5,7 millions de chopes de bière et six millions de visiteurs venus du monde entier; deux grandes roues, cinq montagnes russes, quatre trains fantômes, 34 stands de tir, 21 manèges pour les enfants et un cirque de souris (on n’a pas compté les saucisses, les poulets rôtis et les jarrets de porc). Ce sont là les sobres chiffres de la fête de la bière.

En revanche, à partir d’une certaine heure, la sobriété se fait rare à la fête de la bière car les habitants de cette ville du fœhn ont le goût de l’extrême dans le sang. Tout en gardant un certain sens de la mesure et de la quantité de chopes à consommer (une chope contenant un litre de bière), juste assez pour que la vie garde toute son intensité. Quiconque cherche ici à éviter l’extrême, estime le peuple, réduit l’espace dans lequel son âme peut s’épanouir. Si bien qu’on exagère volontiers car ces petits excès ne sauraient renverser un solide Munichois.

On les voit passer en chantant d’un chapiteau à l’autre, d’un stand à l’autre; quand ils rencontrent un ami, ils lui tapent dans le dos à le faire presque tomber. Tous sont un peu dingues, d’humeur folle et pleins de bonnes idées, le sang leur monte à la tête. La fête de la bière est l’incarnation même d’une fête que l’on peut sentir, où l’on entend crier, rissoler, rire. C’est une fête chargée d’émotion.

Ici règnent le désir, la douleur, la tendresse, la colère, l’amour, la dispute et l’harmonie. Les panneaux de réclame sur les stands portent des mots étranges: Schwammerl mit Semmelknödel, Obatzda, Cocktail Hulahula, Ogmachta Topfn, Vinschgerl, Steckerlfisch, Laugnbrezn – un beau cours de langue. Il faut vraiment venir ici pour voir des hommes porter une touffe de poils de chamois au chapeau, cet emblème royal qui leur attribue une rare dignité, pour les voir tirer avec nonchalance des roses en papier pour leur douce amie.

C’est une grande chance pour les Munichois que d’avoir un maire qui, le troisième samedi de septembre – la fête a été avancée d’octobre à septembre pour des raisons météorologiques –, armé d’un grand tablier, sache enfoncer le robinet dans le premier tonneau: O’zapft is, le tonneau est en perce, on peut tirer la bière. Et, à la manière dont les Munichois regardent comment s’y prend le maire, on pourrait croire qu’ils ne sont pas de simples témoins mais des juges observant impitoyablement s’il parvient, et si oui comment, à enfoncer le robinet dans la bonde en quelques coups de maillet. En cas d’échec, sa réputation est faite.

C’est sous un chapiteau à bière que l’on peut le mieux étudier la psychologie des Bavarois, un chapiteau qui, tard le soir, ressemble un peu à une fumerie d’opium. Une fois assis, les Munichois ont l’habitude de le rester, et de continuer à boire quand ils ont commencé. A une certaine heure, ils ne font plus la différence entre être assis ou debout, entre boire ou ne pas boire, de même qu’ils ne font plus la différence entre parler ou se taire – après une chope, ou plusieurs, ils ne perçoivent plus le monde que comme un tout indifférencié.

La fête de la bière exhale une odeur de malt et de trempe qui baigne tout le terrain, une odeur saine, nourrissante, le vent a un goût de sucre caramélisé, de tables en sapin humide et de feuillages las; il chasse quelques petits nuages baroques à travers le bleu du ciel. Les familles arrivent dès l’après-midi dans ce ventre bouillonnant, on entend crier, rire les tables d’habitués, des pleurs d’enfants, la bière couler dans les gorges. A ces tables familiales, on voit des hommes tels que les ont peints Polack, Holbein l’Ancien, Piloty ou Defregger. Le ciel s’obscurcit au fur et à mesure que le soleil décline et, dans le crépuscule, les visages commencent à se ressembler, la beauté italienne, australienne, espagnole, japonaise s’efface dans la pénombre. Une brume sentant le musc, le malt et le tabac s’élève et se mêle aux nuages. Quand on regarde en l’air, on voit des chopes de bière et des blagues à tabac tatouer le ciel.

-Barbara Bronnen, journaliste et écrivaine, vit à Munich.

D'ailleurs, voici l'affiche promotionnelle pour l'Oktoberfest au bar près de chez moi:
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Barghona
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MessageSujet: Re: Oktoberfest!   Sam 13 Oct - 6:46

Beeeerrr pirat

Quoi de mieux que des pirates qui boivent de la bière. Ah non, fichtre, ce ne sont que des allemands!

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Brumen
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MessageSujet: Re: Oktoberfest!   Mar 16 Oct - 15:10

Jaïron a écrit:
Comme on le dit souvent le 17 mars de chaque année à ceux qui célèbrent avec nous la Saint-Patrick - et ils sont fort nombreux! -: "lors de la Sainte-Patrick, tout le monde est un peu irlandais!".

Je ne peux qu'approuver ces dires, j'avoue que c'est assez de parti pris, c'est le jour de mon anniversaire, ce qui me donne une double raison de faire la fête avec des excuses et donc totalement déculpabilisée, si besoin était :p
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MessageSujet: Re: Oktoberfest!   

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